Homme d’affaires et seigneur, né le 26 novembre 1768 à Trois-Rivières, Québec, fils aîné d’Aaron Hart et de Dorothea Judah ; décédé le 15 octobre 1852 à Trois-Rivières.
Au moment où Hart se lance en affaires, il tente une première expérience à Nicolet, qu’il se plaît à appeler Hartville. C’est cependant à William Henry (Sorel) qu’il fait ses vrais débuts. Dans ce poste stratégique situé à l’embouchure de la route de New York – jadis le fief commercial de Samuel Jacobs* –, il tient un magasin général. 11 commerce avec l’Angleterre tout comme avec les États-Unis. Il y demeure près d’une dizaine d’années, soit jusqu’à la mort de son père en 1800. Cette année-là, il retourne à Trois-Rivières pour s’y fixer. Auparavant, il avait beaucoup voyagé, surtout aux États-Unis et au moins une fois en Europe, en 1792.
Très certainement stimulé par son père et suivant l’exemple de nombreux loyalistes établis dans la région de William Henry, Hart multiplie les démarches afin de se faire concéder des terres. Le 10 mai 1795, il reçoit une réponse négative : les terres demandées sont réservées « aux émigrants attendus d’Europe ». Hart est déçu mais tenace. Il n’accepte pas d’être traité différemment des nouveaux venus et conçoit alors le projet de se faire élire député ! En 1796, il lance un appel aux électeurs de William Henry. Inquiet, son père cherche à le faire changer d’idée : « ce que je n’aime pas, c’est l’opposition que l’on te fera en tant que Juif », sans oublier les dépenses de séjour à Québec. Quoi qu’il en soit, Hart ne renoncera jamais à une carrière politique. En 1809, il tente de succéder à son frère Ezekiel* dans la circonscription de Trois-Rivières, mais il doit s’avouer vaincu devant Mathew Bell* et Joseph Badeaux*. Il essaie de nouveau dans Saint-Maurice en 1819 et dans la Haute-Ville de Québec l’année suivante. Il se reprend finalement, à l’âge de 75 ans, dans Trois-Rivières, contre Edward Grieve, et dans Nicolet, contre Antoine-Prospère Méthot ; dans les deux cas, il est battu et il conteste l’élection de ses adversaires.
À partir de 1825 ou de 1826, Hart semble avoir retrouvé un certain calme sur le plan personnel. Sans doute que la présence à ses côtés de Mary McCarthy y est pour quelque chose. Il se concentre dorénavant sur ses nombreuses affaires et s’intéresse davantage aux questions politiques qu’aux questions religieuses. Assez paradoxalement, en même temps qu’il dénonce le christianisme, il accepte de venir en aide à de nombreux établissements religieux. Les ursulines de Trois-Rivières, à la suite de prêts sans intérêts qu’il leur a consentis, le considèrent un temps parmi leurs généreux bienfaiteurs. Hart finance également de nombreuses paroisses et rend possible la construction ou la restauration de quelques églises, dont celles de Saint-Michel-d’Yamaska (Yamaska), de Saint-Stanislas, de William Henry, de Saint-Apollinaire, de Saint-Charles-des-Grondines, de Baie-du-Febvre (Baieville) et de Deschaillons.
Autant que les banques, la navigation à vapeur fascine Hart. Dès l’époque de William Henry, il s’était intéressé à la navigation sur le Saint-Laurent. Déjà rival des Molson de Montréal dans la fabrication de la bière, il aurait vite décidé de concurrencer leur navire à vapeur, l’Accommodation, lancé en 1809.
incomplet
sources: Extrait d'un texte de Denis Vaugeois, dans le Dictionnaire biographique du Canada -
